RENCONTRE
Il me restait encore une heure de "liberté" dont je ne savais pas quoi faire (trop court pour aller quelque part et trop long pour attendre).
Je me suis assise sur un des bancs du square le plus proche de chez moi pour y travailler encore sur Un cours en miracles (leçon 61).
Elle, maman de deux enfants. Mes enfants et moi connaissons bien le plus petit.
Son plus jeune fils court vers la sortie alors elle abandonne l'amie avec laquelle elle discute pour veiller sur lui.
Elle trottine derrière lui.
Elle est douce. C'est ce qui a attiré mon attention.
Son visage me parle et même si je ne la connais pas vraiment, je le connais quand même, autrement. C'est comme si la rencontre s'était déjà produite, sur un autre plan.
Son fils revient vers nous.
Comme elle revient sur ses pas, elle me dit bonjour et la conversation s'engage et comme elle dure, son amie vient aux nouvelles.
J'ai encore mon livre sur les genoux et l'amie le regarde avec insistance.
Elle se penche un peu pour mieux voir de quoi il s'agit.
D'ordinaire, j'aurais relevé le livre pour que la personne puisse voir la couverture mais cette fois, je ne bouge pas. J'hésite un peu et pendant les quelques secondes que je passe à à tergiverser, elle me dit :
- vous lisez Un cours en miracles !
- oui
Oui, c'est bien ce que je lis.
Je suis assez impressionnée mais je le suis plus encore lorsqu'elle m'annonce :
- vous êtes la première personne que je rencontre qui lit ce livre.
- pourquoi, vous le lisez ?
- oui !
- mais alors vous êtes également la première personne que je rencontre qui lit ce livre.
À partir de ce moment là, je n'ai plus vu le temps passer.
Nous étions comme trois amies de longue date, discutant à bâton rompu d'instruction en famille, de spiritualité*, de synchronie, de voyages, d'Australie, de niveaux vibratoires, contacts.
Cette rencontre était aussi merveilleuse, puissante et émouvante qu'une autre rencontre encore plus extraordinaire faite au printemps (j'écrirai un autre billet à ce sujet).
Je (re)connaissais ces femmes et au moment de prendre congé, alors que intérieurement je décidais de rester en contact avec ces deux amies, la lectrice d'Un cours en miracles, en partance pour un lointain voyage imminent, me tendait sa carte et me déclarant :
- j'ai très envie que nous nous écrivions
Elle me l'enlevait de la bouche. Mon cœur bondissait dans ma poitrine. J'étais à la fois heureuse, excitée, pleine de gratitude, émerveillée d'être à ce point sur la même longueur d'onde et finalement pas vraiment étonnée que cette rencontre se produise.
Ce qui m'a beaucoup touchée chez cette personne, c'est sa manière d'accueillir l'amour, la tendresse, la joie et l'énergie des enfants de son amie qui prenaient un plaisir évident à prendre leur élan pour sauter dans ses bras.
En la regardant, je me voyais et je savais exactement ce qu'elle ressentait au moment précis où elle les serrait contre elle.
La joie et l'énergie circulaient au point que ç'en était presque visible.
Une heure avant, je me proposer de rentrer à la maison plus tôt que prévu et pourtant, j'ai choisi et décidé (choisir c'est décider ? renoncer ? vivre ? tout à la fois ?) d'aller m'assoir sur ce banc sans trop savoir pourquoi.
En acceptant l'invitation de ma voix intérieure, j'ai eu le bonheur de faire une rencontre inoubliable, heureuse et merveilleuse.
Dire oui à la Vie, en accepter les invitations sans chercher à connaître le pourquoi du comment, accepter sans réserve, en toute confiance. Quelle merveille !
Et c'est si nouveau, si inattendu pour moi.
Merci à ce qui fait que ce qui me semblait inaccessible, ce que je pensais m'être interdit soit non seulement possible mais aussi abondant.
* penser à lire : Entrer en amitié avec soi-même Pema Chödrön (je venais de découvrir son nom en parcourant le rayon librairie d'un grand magasin et voilà que justement, elle m'en parle...)
Ce qui m'interpelle beaucoup dans les propos de cette jeune femme si belle et si radieuse ce sont ces mots :
On rencontre les gens qui sont sur le même niveau vibratoire.
C'est une sorte de confirmation troublante à une vision que j'ai eue un jour représentant les gens dans une sorte de parking à niveaux qui m'a fait dire que le monde (les gens) était constitué de strates qui, bien qu'elles se côtoient, ne se rencontrent pas vraiment. Nous entrons en contact avec des personnes qui nous ressemblent, qui vont dans la même direction, qui sont au même niveau dans leur cheminement. Ce que je viens d'écrire n'est pas limpide aussi, je projette, de clarifier ce que je n'arrive pas à exprimer un peu plus tard.