UN COURS EN MIRACLES

Découverte et cheminement

03 octobre 2009

FUITE

Autre éclairage sur cette colère éprouvée à propos d'un soi-disant amour qui s'éteint :

Question : -- Pourquoi ne m'évaderais-je pas de moi-même ? Je n'ai rien dont je puisse m'enorgueillir, et en m'identifiant à ma femme, qui est bien meilleure que je ne suis, je sors de moi.

Krishnamurti : Naturellement, la plupart des gens s'évadent hors d'eux-mêmes. Mais en échappant à votre moi, vous êtes devenu dépendant. La dépendance devient plus forte, la fuite plus nécessaire, selon le degré de la peur de ce qui est. La femme, le livre, la radio, prennent une importance extraordinaire ; les évasions deviennent de la plus haute importance, prennent une valeur de plus en plus grande. Je me sers de ma femme comme d'un moyen pour me fuir moi-même, et c'est pour cela que je tiens tant à elle. Je dois la posséder, je ne dois pas la perdre ; et elle aime être possédée, car elle aussi se sert de moi. Il y a un besoin commun d'évasion, et nous nous utilisons mutuellement. C'est cette utilisation que nous appelons amour. Vous n'aimez pas ce que vous êtes, aussi vous vous fuyez, vous fuyez ce qui est.

                       

J. Krishnamurti
              Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 75
          La peur et l'évasion


Que ça me laisse pantoise, qu'importe !
Il n'y a pas d'amour entre nous, il n'y en a jamais eu.
C'était autre chose mais de l'amour, d'ailleurs, en poussant le bouchon plus loin, en regardant autour de moi, il est bien loin de se trouver là où je croyais.
Je me souviens de vertige ressenti lorsque, quittant le nid parental, j'ai compris que désormais je ne leur "appartenais" plus. Vertige très vite apaisé par la création d'une autre appartenance à mon petit ami de l'époque. Puis, à l'heure de la rupture, ce fût à nouveau la terreur.

On ne peut se rendre compte de la façon dont on est conditionné que lorsque survient un conflit dans une continuité de plaisir ou dans une protection contre la douleur. Si tout est harmonieux autour de nous ; notre femme nous aime, nous l'aimons, nous avons une maison agréable, de bons enfants, beaucoup d'argent : dans ce cas nous ne sommes en aucune façon conscients de notre conditionnement. Mais lorsque survient l'accident, la femme infidèle, la perte d'une fortune, une menace de guerre ou toute autre cause de douleur et d'angoisse, alors nous savons que nous sommes conditionnés. Lorsque nous luttons contre une chose, quelle qu'elle soit, qui nous dérange, au lorsque nous nous défendons contre une quelconque menace, extérieure ou intérieure, alors nous savons que nous sommes conditionnés. Et comme la plupart entre nous, la plupart du temps, sont perturbés, soit en surface soit en profondeur, ce trouble, ce désordre indique que nous sommes conditionnés. Tant que l'animal est choyé il réagit agréablement, mais dès qu'il rencontre un antagonisme, la violence de sa nature éclate.                        

J. Krishnamurti
              Se libérer du connu
          Chapitre 2

À croire que nous aimons vivre comme ces pauvres chiens que nous enchaînons. Nous passons notre vie à nous révolter contre les chaînes et à fuir les occasions de nous en débarrasser. Enfin, vous, je ne sais pas, mais moi, jusqu'ici, c'est mon cas. Heureusement que ce n'est pas figé dans le marbre (ceci dit, même dans le marbre, ce ne serait encore pas éternel...). Un constat dont je me serais bien passé mais maintenant qu'il est établi, la transformation est rendu possible...

Le seul désir de s'abriter sous ses propres conditionnements engendre d'autres souffrances, d'autres problèmes ; car le conditionnement sépare, isole, et ce qui est isolé ne peut pas vivre. Et ce qui est isolé aura beau tenter de s'unir à ce qui est isolé, cela ne formera jamais un tout. Ce qui est séparé est toujours isolé, quoi qu'il fasse pour accumuler et unir, se développer, s'inclure et s'identifier. Ce qui conditionne est destructeur ; mais l'esprit superficiel ne peut pas voir la vérité de cela, car il est prisonnier de sa recherche de la vérité. La vérité est action, et non l'activité du superficiel, du chercheur, de l'ambitieux. La vérité est le bon, le beau, et non l'activité de la danseuse, du faiseur de systèmes, du moulin à paroles. C'est la vérité qui libère le superficiel, et non ses efforts pour se libérer. Le superficiel, l'esprit, ne peut jamais se libérer lui-même ; il ne peut qu'aller d'un conditionnement à un autre, en s'imaginant que l'autre est plus libre. Le plus n'est jamais libre, il conditionne, il est une expansion du moins. Le mouvement de devenir, de l'homme qui veut devenir le Bouddha comme celui qui veut devenir directeur, est l'activité du superficiel. L'homme superficiel a toujours peur de ce qu'il est ; mais ce qu'il est est la vérité. La vérité est l'observation silencieuse de ce qui est, et c'est la vérité qui transforme ce qui est.                        

J. Krishnamurti
              Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 76
          Exploitation et activité

Posté par ucem à 09:15 - KRISHNAMURTI - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

EVASION

En cherchant le texte de Krishnamurti à propos du bien et du mal...

J'ai noté que depuis un an ou deux, j'ai perdu le goût de ce que j'aimais (la musique et beaucoup d'autres choses).
Plus question d'allumer la radio et sur mes disques, la poussière s'accumule au point que si j'avais pris le temps de m'en débarrasser, j'aurais fait place nette. À part quelques chants dévotionnels, ça ne me dit plus rien du tout et même ça, je sens bien que c'est superflu.
Pourtant, j'avais coutume de dire à mon entourage qu'il pourrait s'inquiéter, le jour où il ne me verrait plus écouter de la musique.
Evidemment, personne ne l'a remarqué, personne ne s'est inquiété.
De mon côté, j'étais très déprimée quand ça a commencé et j'ai mis ça sur le compte d'un moral en berne.
Puis le soleil est revenu et le silence est resté sans que je comprenne vraiment pourquoi.
Ce simple constat s'éclaire :

Il est certain que la musique déversée par les appareils de radio est une merveilleuse évasion. Dans la maison voisine, la radio marchait toute la journée et une partie de la nuit. Le père allait à son bureau très tôt le matin. La mère et la fille vaquaient à leurs travaux dans la maison ou dans le jardin ; et quand elles étaient dans le jardin, la radio hurlait plus fort. Apparemment elles goûtaient tout autant les annonces publicitaires que la musique, car lorsqu'elles étaient dans la maison, elles absorbaient tous les programmes. Grâce à la radio on peut écouter à longueur de journée tous les genres de musique, depuis la musique classique jusqu'à la plus moderne ; on peut entendre des pièces policières, des nouvelles et toutes ces choses qui sont constamment lancées sur les ondes. Plus besoin de conversation, plus besoin d'échanger des idées, la radio se charge de tout cela pour vous. On dit que la radio aide les enfants à étudier, et les vaches donnent plus de lait si elles entendent de la musique pendant qu'on les trait.

Ce qui est étrange dans tout cela, c'est que la radio semble bien peu modifier le cours de la vie. Elle peut même faciliter un certain nombre de choses : elle nous donne des nouvelles du monde une vue d'ensemble plus rapide, et grâce à elle le récit des meurtres est plus vivant. Mais l'information ne nous rend pas plus intelligents. La mince couche d'informations sur les horreurs du bombardement atomique, des alliances internationales, des recherches sur les propriétés de la chlorphylle et ainsi de suite ne semble pas changer grand-chose dans notre vie. Nous sommes aussi agressifs qu'avant, nous haïssons certains peuples ou certaines races, nous méprisons tel leader politique et prenons parti pour tel autre, nous sommes les dupes des religions organisées, nous sommes nationalistes, et nos misères continuent ; et nous cherchons à nous évader, par les moyens les plus respectables et les mieux organisés possibles. L'évasion collective est la plus sûre. Si nous regardons en face ce qui est, nous arriverons à faire quelque chose ; mais fuir ce qui est nous rend inévitablement stupides et bornés, esclaves de la sensation et de la confusion.

J. Krishnamurti
              Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 27
          La radio et la musique

Posté par ucem à 08:58 - KRISHNAMURTI - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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